03/12/2025

Ouvrir un ou plusieurs contrats d’assurance-vie ? Tous les secrets pour faire le bon choix

Pourquoi tant de contrats d’assurance-vie en France ?

L’engouement des Français pour l’assurance-vie ne se dément pas : selon la Fédération française de l’assurance, on compte près de 54 millions de contrats en circulation en 2023, pour 1 755 milliards d'euros d'encours (Source : FFA). Il n’est pas rare de croiser des épargnants qui cumulent 3, 4 voire 5 contrats sur leur tableau patrimonial. Pourquoi cet appétit ?

  • Volonté de diversification : répartir ses risques entre plusieurs assureurs ou supports.
  • Historique familial : nombreux contrats ouverts au fil des événements de la vie (naissance, héritage…)
  • Changements de fiscalité : profiter de l’antériorité des vieux contrats ouverts il y a plus de 8 ans.
  • Offres commerciales : certaines années, banques et assureurs mettaient en avant des primes à l’ouverture.

Concentrer son épargne ou ouvrir plusieurs contrats : quels avantages et limites ?

Les atouts d’un contrat unique ou de peu de contrats

  • Simplicité de gestion : suivre son épargne, effectuer des arbitrages, ou retirer de l’argent est plus facile quand on centralise.
  • Optimisation de la fiscalité : au-delà de 8 ans, le contrat bénéficie d’un abattement annuel important : 4 600 € d’intérêts exonérés pour une personne seule, 9 200 € pour un couple (Service Public).
  • Frais réduits : certains contrats appliquent des frais fixes (gestion, arbitrages…), en avoir plusieurs peut multiplier les dépenses.
  • Facilité pour la succession : moins de démarches pour vos proches ou bénéficiaires (évite les oublis de contrats).

Les bénéfices de la diversification sur plusieurs contrats

  • Sécurité face à la défaillance d’un assureur : même si le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) couvre jusqu’à 70 000 € par assuré en cas de faillite, détenir plusieurs contrats auprès d’assureurs différents limite les risques (Source : FGAP).
  • Accès à une gamme plus large de supports : fonds euros dynamiques, SCI, trackers boursiers, gestion pilotée… tous les contrats ne se valent pas en termes d’offre financière.
  • Stratégies patrimoniales distinctes : certains contrats peuvent servir à avantager des bénéficiaires ou être adaptés aux dons familiaux, d’autres soutiennent vos projets à court terme.
  • Souplesse fiscale : ouvrir un nouveau contrat permet de réinitialiser la fiscalité sur les versements récents (Source : Le Revenu).

Concrètement, dans quels cas posséder plusieurs contrats devient pertinent ?

  • Vous souhaitez investir sur des supports absents de votre contrat historique (ex : SCPI, actions internationales, gestion par robot-advisor…)
  • Votre contrat “ancien” a des frais trop élevés ou peu de fonctionnalités modernes (interface en ligne, arbitrage en temps réel…)
  • Vous préparez une transmission sur mesure (différents bénéficiaires, clauses particulières pour enfants ou petits-enfants…)
  • Optimisation fiscale : en répartissant judicieusement vos versements, vous anticipez vos besoins de rachat en jouant sur l’antériorité fiscale de chaque contrat.
  • Volonté de sécuriser de gros montants : au-delà de 70 000 € par assureur, ouvrir auprès de plusieurs assureurs renforce la sécurité juridique.

Parmi les épargnants seniors, il n’est pas rare de voir : un vieux contrat “à garder coûte que coûte” pour son antériorité fiscale, un contrat ouvert récemment, orienté vers des supports plus dynamiques, et parfois un contrat “coussin de sécurité” pour l’épargne court terme.

Multiplication des contrats : où sont les écueils ?

  • Frais cumulés : attention à l’addition des frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage, parfois mal visibles sur des contrats anciens (voir la base Good Value for Money pour comparer).
  • Suivi compliqué : le risque d’oubli ou de mauvaise gestion augmente avec le nombre de contrats.
  • Potentiel de rendement dilué : si vos nouveaux versements restent faibles sur plusieurs contrats, vous ne bénéficierez pas toujours des fonds les plus performants (certains supports de qualité exigent des montants minimums).
  • Erreur de bénéficiairerie ou de clause : la multiplication des contrats complique souvent la rédaction des clauses bénéficiaires, gare aux contradictions ou aux clauses standards par défaut !

Que disent les chiffres ? Quelques données marquantes

  • En 2022, l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) a recensé que 25 % des détenteurs d’assurance-vie possédaient plus de 2 contrats (Source : ACPR).
  • La sur-diversification entraîne parfois des “contrats dormants” : plus de 4,7 milliards d’euros dorment sur des contrats non réclamés par leurs bénéficiaires (rapport du Sénat, 2019).
  • Sur les frais : la Cour des Comptes a pointé des écarts de frais allant de 0,60 % à 2,90 % par an selon les contrats en 2021. Un point de frais de différence sur 100 000 € peut peser plus de 10 000 € sur 15 ans.

Bien choisir : les points-clés à se poser avant de multiplier les contrats

  1. Quels sont mes objectifs de placement ? Transmission, complément de revenus, diversification financière, gestion sur mesure…
  2. Quels supports sont absents de mon contrat historique ? Vérifier les gammes de fonds disponibles.
  3. Mon contrat actuel me satisfait-il en termes de frais, d’interface, de conseil ?
  4. Ai-je besoin de faciliter la succession ou de séparer des bénéficiaires ?
  5. Quel est le montant par contrat ? Plus un contrat est petit, plus il est affecté par les frais fixes.
  6. Suis-je capable d’assurer un bon suivi administratif ? Papier, bénéficiaires, arbitrages : la gestion multiplie les risques d’erreur avec plusieurs contrats.

D’après une étude du cabinet Facts & Figures publiée en 2022, il s’avère que :

  • Pour un patrimoine inférieur à 100 000 €, l’essentiel des avantages se concentre sur 1 à 2 contrats bien choisis.
  • Au-delà de 200 000 €, la diversification sur 3 ou 4 contrats (en fonction des assureurs et des supports proposés) devient pertinente.

Les conseils d’expert pour s’organiser dans la durée

  • Faites régulièrement un inventaire (annuel) de vos contrats : montants, bénéficiaires, supports, frais.
  • Rapprochez les contrats “anciens” et “modernes” pour comparer offres et frais, déplacez vos nouveaux versements vers les plus performants lorsque possible.
  • N’oubliez pas de mettre à jour vos clauses bénéficiaires à chaque grand changement familial.
  • Utilisez un outil de suivi (tableur, appli de gestion patrimoniale) pour avoir une vue claire.
  • En cas de doute, sollicitez un conseiller neutre (ne dépendant pas de la banque ou de l’assureur pour lequel il vous oriente).

Transmission et assurance-vie : plusieurs contrats pour partager

L’assurance-vie reste un outil de transmission puissant. Depuis la loi TEPA de 2007, jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire (pour les primes versées avant 70 ans) sont exonérés de droits de succession (Source : Service Public). Avoir plusieurs contrats permet d’ajuster facilement les clauses : assigner un contrat à chaque enfant ou petit-enfant, prévoir un contrat spécial “donation” ou un contrat “prévoyance” au profit d’un conjoint, etc.

Certains notaires évoquent même l’utilité de multiplier les contrats pour accélérer le versement des capitaux en cas de décès (procédure plus simple pour les compagnies d’assurance, qui ne doivent traiter qu’un bénéficiaire par contrat).

Faut-il transférer ou clôturer ses “vieux” contrats ?

Grâce à la Loi Pacte de 2019, il est possible de transférer son ancien contrat d’assurance-vie vers un nouveau support plus performant, tout en conservant l’antériorité fiscale (sous réserve de rester chez le même assureur). Cela permet de moderniser sa gestion tout en préservant ses avantages ! (Source : Vie-publique.fr)

Tout transfert reste une opération à examiner attentivement, car les nouvelles conditions contractuelles (frais ou supports) ne sont pas automatiquement meilleures. Prendre le temps de comparer en détail reste essentiel, et rien n’empêche de garder un vieux contrat pour son antériorité fiscale tout en orientant ses nouveaux versements ailleurs.

Synthèse : quel cap pour un “bel avenir” ?

Multiplier les contrats d’assurance-vie n’a de sens que pour des raisons précises : accès à de meilleurs supports, optimisation patrimoniale, transmission sur mesure ou sécurisation de gros montants. Pour éviter les pièges de la multiplication inutile, mieux vaut privilégier des contrats solides, transparents en frais, avec une offre complète de supports et une gestion moderne. Un, deux ou trois contrats, l’essentiel est de garder la maîtrise, de rester à jour sur la gestion, et d’adapter sa stratégie à chaque étape de la vie.

Prendre le temps de faire le point, comparer et se projeter sur l’avenir… c’est le plus sûr moyen de faire de l’assurance-vie un outil fidèle à vos valeurs : sérénité aujourd’hui, transmission demain, et toujours, le plaisir de vivre sa retraite pleinement au Pays basque ou ailleurs.

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