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Plan Épargne Logement : Un atout ou un vestige pour sécuriser sa retraite ?

Le PEL : un pilier traditionnel, mais encore pertinent ?

Le Plan Épargne Logement (PEL) fait partie du paysage financier français depuis 1969. Il a permis à de nombreuses générations de financer un projet immobilier ou de constituer une épargne sécurisée. Mais en 2024, alors que les marchés évoluent, que l'inflation grignote le pouvoir d’achat, et que l’enjeu de la retraite s’intensifie, le PEL peut-il encore jouer son rôle pour préparer ou compléter sa retraite ?

Focus sur un produit souvent conseillé par les parents, parfois négligé par les jeunes actifs, mais qui conserve une place particulière dans le cœur des épargnants – et dans leur stratégie.

Le PEL aujourd’hui : fonctionnement et évolution récente

Le Plan Épargne Logement doit être apprécié à la lumière de sa réglementation actuelle. Depuis le 1er août 2016, le PEL ouvert affiche un taux de rémunération de 1 % brut, soit environ 0,70 % net d’impôt (hors prélèvements sociaux), ce qui est loin des 2,50 % de certains anciens PEL encore détenus.

La fiscalité a changé : depuis 2018, les intérêts des nouveaux PEL sont soumis dès la première année au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux – source : Service-public.fr).

Le PEL et la retraite : ses atouts essentiels

Les seniors ou futurs retraités placent souvent deux priorités en haut de leur liste financière : sécurité du capital et disponibilité. Voici ce que le PEL peut encore leur offrir :

Par ailleurs, la possibilité théorique d’obtenir un prêt immobilier à taux préférentiel existe encore. Mais en pratique, le taux d’emprunt proposé (3,20 % en 2024) est très élevé par rapport au marché actuel (source : Banque de France), ce qui limite cet avantage à quelques situations particulières (acquisition de résidence secondaire, investissement locatif local).

Les limites du PEL : rendement et fiscalité à surveiller

L’intérêt principal du PEL – la stabilité – présente un revers : un rendement aujourd’hui inférieur à l’inflation et à d’autres types de placements.

Comparatif avec d’autres supports : où placer son argent pour sa retraite ?

Quand on prépare sa retraite, il est toujours pertinent de comparer. Voici une mise en perspective simple pour les seniors :

Produit Taux d’intérêt (2024) Fiscalité Liquidité Sécurité
PEL (après 2016) 1 % brut (0,70 % net) PFU 30 % dès la 1ère année Blocage conseillé 4 ans Oui
Livret A 3 % net Exonéré Totale Oui
LDD 3 % net Exonéré Totale Oui
Assurance vie (fonds euros) 2,5 % en moyenne PFU, mais fiscalité allégée après 8 ans Partielle Oui (fonds euros)
PER individuel Variable (2 %-5 % voire plus selon supports) Sortie fiscalisée, déductions à l’entrée possible Bloqué jusqu’à la retraite sauf exceptions Variable

Constat : Le PEL n’est plus le placement le plus rentable pour un complément de revenu à la retraite. Son rendement est inférieur à l’inflation (autour de 3,0 % en France sur les 12 derniers mois – INSEE, mars 2024).

Mais il reste utile pour compléter une souplesse d’épargne ou pour diversifier. Il garde un sens particulier pour ceux qui cherchent une épargne figée, sans risque, indépendante des marchés.

Pour qui le PEL reste-t-il pertinent ?

Malgré ses limites, il existe plusieurs profils pour qui le PEL conserve une utilité réelle :

Comment optimiser son plan d’épargne logement à la retraite ?

Quelques conseils pratiques :

  1. Vérifiez le taux de votre PEL : Ceux ouverts avant 2016 peuvent offrir une rémunération très attractive. Les conserver est souvent judicieux, sauf projet immobilier mieux adapté à d’autres financements.
  2. Regardez l’équilibre entre sécurité et rendement : Pour les épargnants prudents, mieux vaut un PEL qu’un livret taxable et moins sécurisé. Pour d’autres, compléter avec de l’assurance-vie, du PER ou même quelques actions bien choisies permet d’obtenir un meilleur rendement à horizon retraite.
  3. Pensez à l’utilisation famille : Possibilité d’ouvrir ou de transférer un PEL pour les enfants et petits-enfants. Attention cependant, si vous souhaitez ouvrir un nouveau PEL, une seule détention est autorisée par personne.
  4. Gardez à l’œil la fiscalité : Depuis 2018, les intérêts sont fiscalisés dès la première année, ce qui peut faire perdre une partie de l’attrait en haut du cycle des taux. Les anciens PEL sont plus favorables de ce point de vue.
  5. Évaluer la liquidité future : Vers la retraite, avoir une poche d’épargne accessible sans pénalité est rassurant. Le PEL, après 4 ans, peut répondre à ce besoin si vous disposez déjà de livrets pleins.

Comment le PEL peut s’insérer dans une stratégie retraite aujourd’hui ?

Le PEL reste un support rassurant et simple, adapté à celles et ceux qui veulent éviter les déceptions du marché ou ne souhaitent pas multiplier les montages financiers complexes. Néanmoins, il doit être utilisé en complément :

Il est rarement pertinent d’ouvrir un nouveau PEL aujourd’hui uniquement pour préparer un complément de retraite : la fiscalité et le taux ne sont plus attractifs. Mais il garde son sens pour sécuriser une petite poche ou profiter d’anciens taux historiques.

Cap sur la diversité pour sécuriser votre retraite

Le PEL n’a plus le lustre d’antan, mais il demeure pour certains profils, et dans certains contextes (famille recomposée, transmission, projets spécifiques), un outil utile. Surtout, n’hésitez pas à diversifier : combinez la sécurité du PEL ancien, la rentabilité du Livret A/LDD, la souplesse de l’assurance-vie et l’éventuel effet de levier fiscal du PER – selon vos besoins personnels.

La clé : se questionner sur vos objectifs, tenir compte de votre horizon de placement et faire régulièrement le point avec un conseiller en gestion de patrimoine ou votre banquier, tout en gardant l’œil sur de nouvelles opportunités au gré de l’évolution des taux d’intérêt et de la fiscalité.

Le web regorge de simulateurs (Banque de France, Cafpi…) pour estimer rapidement la rentabilité d’un PEL, d’un livret ou d’une assurance vie selon le montant investi et la durée.

S’informer, comparer, ajuster… C’est ainsi que l’on se construit, ici au Pays basque ou ailleurs, un bel avenir serein à la retraite.

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