Faire un testament
Le testament reste l’outil le plus flexible pour orienter la succession vers son conjoint. En respectant la réserve héréditaire des enfants (cette part minimale dont ils ne peuvent pas être privés), le défunt peut léguer la quotité disponible (la part librement cessible) à son partenaire.
- En présence d’un enfant : le conjoint peut recevoir jusqu’à la moitié du patrimoine ;
- Avec deux enfants : la quotité disponible baisse à un tiers ;
- Trois enfants ou plus : la quotité disponible, donc léguée au conjoint, est limitée à un quart.
Pour rédiger un testament, il est indispensable d’être précis et de solliciter conseils auprès d’un notaire pour éviter les litiges. D’après le Conseil supérieur du notariat, seul un testament sur quatre est enregistré à l’état civil, ce qui constitue un vrai angle mort dans la protection du conjoint.
Changer de régime matrimonial
Opter pour le régime de la communauté universelle avec attribution intégrale permet d’attribuer la totalité du patrimoine au conjoint survivant, mais ce choix doit être validé devant notaire et, parfois, homologué par un juge si des enfants majeurs s’y opposent.
- Coût moyen du changement : entre 800 et 2 000 euros selon la complexité (source : Baromètre des notaires de France, 2023).
- Il est conseillé de le faire assez tôt pour éviter toute contestation d’intention frauduleuse qui pourrait léser les enfants.
La donation entre époux (« donation au dernier vivant »)
Souvent appelée donation au dernier vivant, cet outil notarié permet d’élargir encore les droits du conjoint, au-delà de ce que la loi autorise. Il offre, en pratique, une totale souplesse pour choisir :
- L’usufruit de toute la succession ;
- La pleine propriété d’une portion accrue, par exemple jusqu’à la quotité disponible ;
- La combinaison d’usufruit sur certains biens et de propriété sur d’autres.
C’est la solution la plus fréquemment recommandée par les notaires, notamment pour des biens immobiliers ou des familles recomposées. Le coût est modéré et le résultat sécurisant.
L’assurance-vie : un outil souple au service de la protection du conjoint
L’assurance-vie ne fait pas partie de la succession classique. Elle permet d’attribuer un capital (ou une rente) au bénéficiaire désigné, en franchise de droits de succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire désigné (pour les primes versées avant 70 ans, article 990 I CGI).
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Sur les contrats ouverts avant 70 ans, seuls les montants supérieurs à ce seuil sont imposés à un taux de 20 %.
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Pour un couple, répartir l’épargne sur deux contrats assure une meilleure fluidité de transmission et une fiscalité avantageuse pour le conjoint survivant.
Selon la Fédération Française de l’Assurance (FFA), plus d’un moitié des transferts d’assurance-vie en cas de décès bénéficient à un conjoint survivant, lui permettant de maintenir son niveau de vie, surtout si le reste du patrimoine est immobilisé en biens immobiliers (source FFA).