27/09/2025

Assurance-vie ou PER : les clés pour choisir la meilleure option retraite

Assurance-vie et PER : des objectifs proches, des règles différentes

L’assurance-vie est souvent présentée comme le couteau suisse de l’épargne française. Accessible à tous, elle permet d’épargner et d’investir sur différents supports (fonds euros sécurisés, unités de compte pour diversifier), tout en offrant des avantages fiscaux au bout de 8 ans de détention et une transmission du capital en cas de décès optimisée.

Le PER (ou Plan d’Épargne Retraite) est, quant à lui, le successeur des anciens produits retraite (PERP, Madelin, Préfon, etc.). Sa vocation ? Inciter à préparer plus activement sa retraite en permettant des versements déductibles de l’impôt sur le revenu, tout en prévoyant une sortie – en principe – au moment du départ à la retraite.

  • Assurance-vie : Accès libre, retraits possibles à tout moment, fiscalité avantageuse après 8 ans, accompagner la constitution et la transmission du patrimoine.
  • PER : Epargne plus « cadenassée », avantage fiscal immédiat, sortie au moment de la retraite (sauf cas exceptionnels de déblocage anticipé).

Fiscalité : le vrai nerf de la guerre

La fiscalité à l’entrée : quand investir peut aussi diminuer vos impôts

  • Assurance-vie : Les versements ne sont pas déductibles du revenu imposable.
  • PER : Les versements volontaires sur un PER individuel sont, chaque année, déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond : 10 % des revenus professionnels nets, avec un maximum de 35 194 € (plafond 2024, source : economie.gouv.fr) ou 4 399 €, si cela est plus avantageux. Cela peut générer une économie immédiate substantielle pour les foyers fortement imposés.

Exemple : Une personne déclarant 50 000 € de revenus imposables, au taux marginal de 30 %, verse 5 000 € sur son PER. Elle économise 1 500 € la première année (30 % de 5 000 €), hors prélèvements sociaux.

La fiscalité à la sortie : l’autre pièce du puzzle

  • Assurance-vie : Au bout de 8 ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt jusqu’à 4 600 € par an (9 200 € pour un couple), puis imposés à 7,5 %, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 %). Une souplesse qui séduit notamment ceux qui souhaitent optimiser leur épargne pour une transmission ou pour des projets progressifs.
  • PER : La fiscalité dépend du mode d’imposition choisi à l’entrée : si les versements ont été déduits, la fiscalité au retrait est celle applicable aux pensions de retraite (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux). On peut choisir entre une sortie en capital, une rente viagère, ou un mixte (depuis la loi PACTE). Pour une sortie en capital : seule la part correspondant aux versements est soumise à l’impôt sur le revenu, et les plus-values aux prélèvements sociaux.

Synthèse fiscale :

  • Le PER dispose d’un intérêt accru pour les personnes aujourd’hui imposées à des tranches élevées, mais qui envisagent une baisse de revenus (et donc d’imposition) au moment de la retraite.
  • L’assurance-vie cible plus volontiers celles et ceux recherchant un outil polyvalent, moins contraignant et dont la fiscalité peut être adoucie sur la durée.

Liquidité et souplesse d’utilisation : la grande différence

  • Assurance-vie : L’argent reste disponible à tout moment. Aucun justificatif à fournir, aucune pénalité. La fiscalité évolue en fonction de l’ancienneté du contrat. Cette liquidité explique pourquoi l’assurance-vie sert aussi bien aux projets à court terme qu’à la constitution d’une épargne de précaution.
  • PER : Les sommes investies sont, par défaut, bloquées jusqu’à la retraite (sauf cas exceptionnels : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, fin de droits chômage…). Cette sacralisation de l’épargne peut rassurer les moins « disciplinés », mais elle réduit la souplesse en cas d’aléa.

Transmission et succession : des logiques qui s’affrontent

Assurance-vie : Elle offre un cadre extrêmement avantageux pour la transmission de son patrimoine. En cas de décès, le capital transmis est exonéré de droits de succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire (si les versements ont été réalisés avant les 70 ans du souscripteur), puis taxé à 20 % jusqu’à 700 000 €, et 31,25 % au-delà. Ce régime, propre à l’assurance-vie, permet d’organiser une succession en dehors du cadre strict de l’héritage légal.

PER : Le PER n’offre pas, en l’état actuel, les mêmes avantages successoraux. Les sommes investies sont réintégrées dans la succession, à moins d’être sorties en rente viagère ou brutalement dénouées. Seule exception : si le décès du titulaire intervient avant 70 ans, et s’il s’agit d’un PER sous forme d’assurance, il existe un avantage similaire à celui de l’assurance-vie (source : service-public.fr).

Performances et profils de placements

Assurance-vie et PER partagent une gamme de supports assez proches :

  • Fonds en euros : garantissent le capital, mais offrent des rendements modestes (entre 1,5 % et 2,5 % nets, selon les contrats en 2023 – source : Good Value for Money)
  • Unités de compte : accessibles via les deux produits, permettent de dynamiser la performance, allant des fonds actions, immobiliers (SCPI, OPCI), obligations internationales, etc.

À noter : la loi impose une gestion pilotée à horizon sur les PER, au moins par défaut, qui vise à sécuriser l’épargne à mesure que l’âge de la retraite approche. Cette approche progressive prévient les coups durs de marchés, mais peut limiter la prise d’initiative pour les épargnants avertis.

Pour qui, pour quoi ? Les profils types

Le PER, prioritaire si :

  • Vous êtes fortement imposé (tranche marginale à 30 % ou plus)
  • Votre retraite s’accompagnera d’une baisse de niveau de vie et donc d’impôt
  • Votre objectif est d’abord de vous constituer un « revenu de remplacement » pour la retraite
  • Vous avez une visibilité sur le long terme sans priorité de retrait anticipé

L’assurance-vie, idéale si :

  • Vous souhaitez préserver un accès souple à votre épargne
  • La transmission à vos proches vous tient à cœur
  • Vous cherchez à diversifier vos projets : financer les enfants, voyager, aider vos proches, booster un achat immobilier…
  • Votre fiscalité en activité est faible, ou vous anticipez peu de changement après la retraite

Combinés ou alternatifs ? Bâtir une stratégie performante

Choisir entre assurance-vie et PER n’exclut pas de combiner les deux. Nombre de conseillers en gestion de patrimoine recommandent d’utiliser l’assurance-vie pour financer les projets de vie non strictement liés à la retraite, et le PER pour capter l’avantage fiscal au moment où il est le plus élevé. Cela permet de conserver à la fois flexibilité et efficacité fiscale.

Chiffre clé : Selon l’AMF (Autorité des marchés financiers), 4,2 millions de Français avaient souscrit un PER en mai 2024, alors que près de 18 millions détiennent un contrat assurance-vie. L’adoption du PER progresse, mais l’assurance-vie domine encore largement.

Bon à savoir : Il est parfois judicieux d’ouvrir les deux, même avec de petits montants, pour capitaliser sur les droits antérieurs à la retraite et s’adapter à l’évolution de votre situation financière et fiscale.

Retraite sereine : faire le choix qui vous ressemble

Préparer sa retraite exige une approche à la fois réfléchie et personnalisée. Assurance-vie et PER y ont chacun leur place, selon les profils, les priorités et la temporalité des projets. Le PER s’adresse davantage à ceux qui cherchent à alléger leur impôt aujourd’hui tout en sécurisant un revenu futur, là où l’assurance-vie séduit par sa souplesse – tant à l’épargne qu’à la transmission – et sa capacité à accompagner tous les grands moments de la vie.

Un conseil : comparez les frais de gestion, la qualité des supports proposés, les performances passées des fonds (même si elles ne préjugent pas de l’avenir), et n’hésitez pas à consulter un spécialiste pour optimiser votre stratégie en fonction de vos besoins. La clé d’un bel avenir, c’est surtout d’oser agir tôt : plus l’effort d’épargne est anticipé, plus il est léger à porter et efficace à long terme.

Pour aller plus loin : des guides pratiques sont régulièrement publiés par l’AMF (amf-france.org), France Assureurs (franceassureurs.fr), ou encore le site officiel economie.gouv.fr. Des ressources à consulter pour prendre vos décisions en toute sécurité.

En savoir plus à ce sujet :