11/10/2025

Sécuriser et diversifier son épargne : les placements complémentaires à l’épargne retraite

Pourquoi compléter son épargne retraite ?

Dans un contexte où la pension moyenne en France avoisine seulement 1 500 € brut par mois pour les nouveaux retraités du privé (source : DREES, 2024), la nécessité d’assurer un revenu supplémentaire devient une évidence pour préserver confort et indépendance. Trois raisons à cela :

  • L’évolution incertaine du système de retraite : Réformes régulières, adaptation du montant des pensions à la démographie, indexation limitée… Difficile de tabler sur un système public seul.
  • L’inflation : Une hausse de 4,9 % en 2022 et 2023 (INSEE). Préserver son pouvoir d’achat exige une gestion active et diversifiée de son patrimoine.
  • Le besoin d’anticiper les aléas : Dépendance, aides à un proche, projets, voyages, imprévus de santé… Il est précieux de pouvoir disposer rapidement de fonds.

Le cœur de la stratégie : panacher sécurité, rendement, liquidité et sens.

1. Les placements financiers : prioriser souplesse et liquidité

L’assurance-vie : une flexibilité précieuse

C’est le placement préféré des Français, tout âge confondu. L’assurance-vie propose :

  • Un cadre fiscal avantageux en cas de rachat ou de transmission, surtout après 8 ans ;
  • Plus de 1 700 milliards d’encours constatés début 2024 (Source : France Assureurs), gage de confiance ;
  • La possibilité de gérer ses fonds : fonds en euros (sécurité) ou unités de compte (diversification et rendement, mais avec risque !).

Pourquoi c’est complémentaire au PER : l’assurance-vie offre une vraie liquidité en cas de besoin imprévu (retraits possibles), là où le PER pousse logiquement à conserver ses avoirs jusqu’à la retraite. Elle peut aussi permettre d’organiser une transmission efficace, par exemple entre conjoints ou enfants.

Le compte-titres : investir à son rythme

Souvent moins évoqué, le compte-titres permet d’investir en Bourse (actions, obligations, ETF…) sans plafond ni contrainte d’âge. Les atouts :

  • Pas de blocage des fonds : vente possible à tout moment, selon les marchés ;
  • Possibilité d’accéder à l’économie réelle et internationale, pour « booster » son capital sur le long terme ;
  • Fiscalité au « prélèvement forfaitaire unique » (30 % sur les plus-values), ce qui exige vigilance et stratégie (fonds à privilégier pour un horizon supérieur à 5 ans).

Il s’adresse à celles et ceux qui acceptent une part de risque et souhaitent diversifier hors des supports classiques. Pour sécuriser ses gains, il peut être intéressant de privilégier les arbitrages réguliers ou d’opter pour des dividendes d’entreprises solides, souvent versés trimestriellement.

Le Livret d’épargne (A, LDDS, etc.) : sécurité absolue, mais rendement limité

Indispensable pour la gestion de trésorerie ou la constitution d’une réserve d’urgence. Les taux (3 % au 1er février 2023, source : Banque de France) restent modestes, mais le capital est garanti et disponible sous 48h. Il ne s’agit pas d’un placement de long terme, mais d’un complément utile à toute stratégie (jusqu’à 22 950 € pour le livret A, 12 000 € pour le LDDS).

2. L’immobilier : locatif, pierre-papier, résidences services

L’immobilier conserve toute sa place dans une logique d’indépendance financière à la retraite. Il peut prendre plusieurs formes :

Investissement locatif classique

  • Acquérir un appartement (ou une maison) pour créer un flux de loyers réguliers.
  • L’immobilier locatif rapporte en moyenne 3 à 5 % net annuel, hors valorisation du bien (France, 2023, Source : Fnaim).
  • Privilégier : l’emplacement (villes dynamiques, bassin d’emploi), l’état du bien, la fluidité de gestion (prévoir délégation si besoin).
  • Pensez aussi à la location meublée non professionnelle (LMNP) qui permet une fiscalité intéressante (amortissement du bien, abattements).

Pierre-papier : SCPI, OPCI et foncières cotées

  • SCPI : Société Civile de Placement Immobilier : permet de percevoir des revenus sans gérer soi-même l’immobilier. Les rendements sont en moyenne de 4,5 % nets en 2023 (source : ASPIM), mais attention à la fiscalité et à la liquidité (revente moins rapide qu’un livret bancaire).
  • OPCI : Organisme de Placement Collectif Immobilier : combine immobilier et valeurs mobilières, avec plus de liquidité mais rendement souvent inférieur.
  • Foncières cotées (SIIC) : ces entreprises gèrent de grands patrimoines et distribuent des dividendes. Risques de marché plus importants, mais possibilité d’acheter/revendre à tout moment.

Investir dans les résidences services

  • Pour ceux qui souhaitent un placement immobilier « clé en main », les résidences services (seniors, étudiantes, tourismes) assurent un bail commercial avec l’exploitant
  • Rentabilité généralement comprise entre 3,5 et 5 %.
  • Les résidences seniors ou médicalisées peuvent aussi permettre de préparer d’éventuels besoins futurs de logement adapté.

3. L’épargne solidaire et responsable : donner du sens à ses investissements

La retraite est souvent le moment de concilier rentabilité et éthique. L’épargne verte et solidaire prend ainsi de plus en plus d’ampleur :

  • Fonds ISR (Investissement Socialement Responsable) : plus de 900 milliards d’euros investis en 2023 (source : Finansol), à travers des supports variés (actions, obligations, immobilier).
  • Fonds solidaires (labellisés Finansol) : investissent au moins 10 % dans des entreprises à fort impact social/environnemental. Leur épargne a permis de financer plus de 2 200 projets solidaires depuis 1997.
  • L’immobilier participatif ou crowdfunding : possibilité de financer des projets locaux (logements sociaux, énergies renouvelables) avec une mise de départ souvent faible (de 100 à 1 000 € selon les plateformes). Risques néanmoins à évaluer attentivement.

Ces solutions permettent d’allier diversification, innovation et utilité sociale. Elles entrent souvent dans le cadre de l’assurance-vie ou du PER via des unités de compte labellisées.

4. Placements atypiques et diversification ciblée : s’adapter à ses envies

Si l’on dispose déjà d’une base solide (épargne retraite, assurance-vie, immobilier), diversifier peut aussi vouloir dire investir différemment, selon ses projets ou affinités :

  • Forêts et terres agricoles : via les Groupements Fonciers Forestiers (GFF) ou Agricoles (GFA). Potentiel de rendement autour de 2 à 3,5 % par an, fiscalité attrayante sur l’IFI et transmission (source : France Bois Forêt).
  • Private equity (capital-investissement) : investir dans des PME non cotées via fonds spécialisés, souvent au sein des PER/assurances-vie. Risqué mais potentiellement beaucoup plus dynamique – sur une part raisonnable du patrimoine.
  • Objets de collection : art, vins, voitures anciennes, bijoux… Moins conventionnel, ce type d’investissement conjugue passion et potentiel de revalorisation, mais doit être réservé à une portion limitée de l’épargne.
  • Cryptoactifs et fintechs : marché très volatil, mais certains choisissent d’y dédier une part marginale de leur capital. Vigilance sur la sécurité et la fiscalité !

Panacher ses placements complémentaires : 5 points clés pour faire les bons choix

  1. Évaluer son horizon de placement : les besoins à court terme (réserve, petits plaisirs, imprévus) privilégieront le livret A, l’assurance-vie en fonds euros. Le long terme acceptera plus de risque (actions, SCPI, private equity).
  2. Mesurer sa tolérance au risque : le niveau de volatilité acceptable dépend de chacun. Il est tout à fait possible de construire une stratégie sécurisée, mais les rendements seront alors inférieurs.
  3. Rester attentif à la fiscalité : chaque support a ses spécificités (abattements, taux d’imposition, régimes particuliers pour le Perp/PER, LMNP, SCPI…).
  4. Privilégier la diversification : ne pas s’exposer à un seul secteur ou un type de placement. Cela permet d’atténuer les chocs et d’optimiser les performances.
  5. Penser à la transmission : l’assurance-vie et certains supports immobiliers facilitent grandement la gestion de l’héritage.

Aperçu des placements complémentaires à l’épargne retraite

Type de placement Objectif Rendement moyen (2023) Fiscalité Liquidité
Assurance-vie Souplesse, transmission 2-5% (selon supports) Avantageuse après 8 ans Bonne (hors contrats luxembourgeois)
SCPI Rentabilité, peu de gestion 4,5% Soumise à l’IR Moyenne
Livret A/LDDS Disponibilité, sécurité 3% Net d’impôt Excellente
Actions/ETF Dynamisme, long terme Variable (5-8% sur 10 ans) PFU 30% Très bonne
Fonds ISR / solidaires Sens, diversification 2-5% (selon fonds) Variable Bonne

Vers un avenir financier serein et équilibré

Associer plusieurs solutions à son épargne retraite, c’est se donner la possibilité d’aborder la vieillesse avec plus de liberté et de confiance. Au Pays basque comme ailleurs, diversifier ses placements, c’est aussi choisir la flexibilité : voyager quand l’envie vous prend, aider ses enfants ou petits-enfants, soutenir des causes qui tiennent à cœur, ou tout simplement s’offrir un quotidien agréable. Prendre quelques rendez-vous réguliers avec son conseiller ou s’informer en continu permet de faire évoluer ses choix en fonction des marchés… et de soi-même. L’essentiel reste d’oser personnaliser son avenir financier, pour traverser la retraite avec la tranquillité de l’esprit et la joie de l’instant.

Sources : DREES, INSEE, France Assureurs, Fnaim, ASPIM, Finansol, Banque de France, France Bois Forêt.

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