06/10/2025

Préparer sa retraite : des stratégies d’épargne à ajuster tout au long de la vie

Pourquoi il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour ajuster son épargne retraite

La préparation de la retraite est souvent perçue comme un sujet lointain, voire anxiogène, tant elle pose question : aura-t-on suffisamment pour vivre sereinement ? À quoi ressemblera la pension retraite selon nos choix de vie ? Pourtant, adapter son épargne retraite demeure l’un des leviers les plus puissants pour construire un avenir serein, à condition de le faire avec méthode, en tenant compte de son âge, de sa situation professionnelle et des évolutions réglementaires.

Selon la DREES, le montant moyen de pension de retraite était en 2021 de 1 509 € bruts par mois tous régimes confondus en France (source : DREES, Tableau de bord de la Retraite). Pour nombre d’actifs, ce montant ne suffira pas à maintenir leur niveau de vie à la retraite, d’où l’intérêt d’anticiper.

Adapter son épargne retraite avant 40 ans : cap sur la constitution d’un capital

Avant 40 ans, l’approche de l’épargne retraite doit être axée sur la constitution d’un capital, avec un horizon long terme. Cela permet de prendre davantage de risque en investissant sur des supports dynamiques, en échange d’une meilleure espérance de rendement sur la durée.

  • L’effet du temps sur la capitalisation : grâce aux intérêts composés, une épargne régulière, même modérée, prend de la valeur au fil des années. Par exemple, investir 100 € par mois avec un rendement annuel moyen de 5 % (hypothèse prudente de marché actions diversifié sur 20 ans) permet d’obtenir plus de 40 000 € à l’arrivée (calcul via le simulateur Culture Banque).
  • Priorité aux supports à long terme : Plan d’Épargne Retraite individuel (PERin), PEA, assurance-vie orientée vers les unités de compte (fonds actions, fonds sectoriels, immobilier coté, etc.).
  • Souplesse : Il faut privilégier des produits permettant des versements libres ou programmés, sans s’enfermer dans des versements contractuels contraignants.

Bon à savoir : Les PER ouverts depuis octobre 2019 offrent la possibilité de déduire les versements volontaires de son revenu imposable ; un atout fiscal significatif en début de carrière pour ceux qui sont déjà imposés (source : Service Public).

Entre 40 et 55 ans : sécuriser progressivement sans délaisser la performance

Passé le cap des 40 ans, de nouveaux enjeux interviennent : construction d’un patrimoine familial, achat immobilier, scolarité des enfants. La capacité d’épargne évolue, le temps jusqu’à la retraite se raccourcit, mais il reste encore du temps pour diversifier tout en intégrant une dose de sécurité.

  • Répartir ses placements : Diversification entre supports dynamiques (actions, immobilier) et supports plus prudents (fonds euros de l’assurance-vie, obligations).
  • Pensez à l’immobilier : L’investissement locatif (en direct ou via SCPI – sociétés civiles de placement immobilier) est particulièrement adapté à cette tranche d’âge, car il permet de profiter pleinement d’un levier de crédit, de se constituer un actif tangible et, potentiellement, un complément de revenus à terme.
  • Revoir l’assurance-vie : Il est recommandé d’ouvrir tôt son assurance-vie, mais également de revoir sa répartition financière tous les 4 à 5 ans, afin d’ajuster la part d’actifs risqués au fil de l’approche de la retraite.
  • Pensez à la retraite supplémentaire d’entreprise : Si votre employeur propose un PERCOL (Plan d’Épargne Retraite Collectif), n’hésitez pas à profiter de l’épargne abondée ou des versements issus de l’intéressement/participation, qui bénéficient d’avantages fiscaux spécifiques.

Selon l’INSEE, 41 % des ménages âgés de 40 à 55 ans détiennent une assurance-vie, qui demeure le placement préféré des Français pour préparer leur retraite (source : INSEE, 2022).

À l’approche de la retraite, après 55 ans : priorité à la sécurité et à la sortie en rente ou capital

Dès 55 ans, il est temps de consolider les efforts réalisés, tout en se préparant à la sortie des dispositifs d’épargne, dont les modalités peuvent fortement impacter la fiscalité et les revenus disponibles.

  1. Réduire le risque : À mesure que l’âge de la retraite se rapproche, il convient de protéger le capital acquis en orientant peu à peu son épargne vers les supports sécurisés (fonds euros, livrets réglementés…). Un arbitrage progressif est conseillé pour éviter de subir une forte correction des marchés juste avant de liquider son contrat.
  2. Préparer la sortie : Plusieurs choix sont possibles au dénouement d’un PER ou d’une assurance-vie : sortir en capital pour disposer d’un montant important, en rente viagère pour garantir un revenu régulier, ou panacher les deux. La situation familiale (existence d’un conjoint à protéger, enfants à transmettre…) et fiscale (taux d’imposition une fois retraité) pèsent ici dans la balance.
  3. Optimiser la fiscalité : L’anticipation permet de répartir les retraits sur plusieurs années, de bénéficier de la fiscalité avantageuse sur l’assurance-vie (abattement, exonération en cas de décès sous certaines conditions) – éléments à étudier à l’aide d’un simulateur et, si besoin, d’un spécialiste.

D’après le dernier baromètre Cercle de l'Épargne 2023, 71 % des Français de plus de 55 ans sont préoccupés par le niveau futur de leur pension, et près d’1 sur 2 anticipe une baisse significative de son niveau de vie à la retraite. Un chiffre qui justifie d’autant plus une préparation méticuleuse dans la dernière ligne droite (source : Cercle de l'Épargne).

L’épargne retraite selon la situation familiale et professionnelle

Indépendants, salariés, fonctionnaires : des dispositifs adaptés

  • Salariés : Le PER collectif d’entreprise (PERCOL) est souvent le placement phare, d’autant qu’il peut être abondé par l’employeur. À compléter avec un PER individuel pour optimiser la défiscalisation.
  • Indépendants : Le PER individuel remplace le contrat Madelin depuis 2019, et présente le grand intérêt de permettre des versements déductibles du bénéfice imposable, dans des limites élevées.
  • Fonctionnaires : Depuis la réforme de la retraite additionnelle (RAFP), des versements volontaires peuvent permettre de bonifier la rente perçue. Certains complémentaires sectorielles méritent d’être étudiées.

Événements de vie et souplesse de l’épargne

  • Arrivée d’enfants, séparation, accident de la vie : il est utile d’opter pour des contrats qui prévoient des sorties anticipées en cas de coup dur (invalidité, décès du conjoint, surendettement), spécificité du PER notamment.
  • Rachat partiel sur assurance-vie possible à tout moment, permettant de faire face à des imprévus sans tout débloquer.

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) rappelle que la retraite moyenne représente environ 74% du dernier revenu d’activité pour un non cadre, mais seulement 55% pour un cadre supérieur (source : COR, Rapport annuel 2023). Le besoin d’épargne complémentaire est donc d’autant plus important en fonction de son niveau de vie et de carrière.

Astuces concrètes pour optimiser pas à pas son épargne retraite

  • Commencer tôt, même petit : 20€ par mois placés jeune ont un impact fort à l’arrivée, grâce à la magie des intérêts composés.
  • Verser régulièrement : La régularité lisse les points d’entrée sur les marchés financiers et évite de se soucier du “bon moment” pour investir.
  • Faire un point tous les 3 à 5 ans : Sud de la France, boom de la démographie séniore, évolution de carrière ou changements familiaux : il faut penser à actualiser ses contrats et sa stratégie.
  • Comparer les frais : Frais d’entrée, d’arbitrage, de gestion, de sortie… Ils grignotent les rendements. Privilégier les contrats transparents, compétitifs, ou associatifs quand c’est possible.
  • Profiter des abattements : En assurance-vie, après 8 ans, chaque retrait bénéficie d’un abattement annuel sur les gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), source : Service Public.
  • Regrouper ses anciens contrats : Transférer ou regrouper ses produits d’épargne retraite pour plus de clarté avec le PER, même si des frais de transfert peuvent s’appliquer sous certaines conditions.

L’esprit d’anticipation : une clé pour bien vivre la retraite au Pays basque (et ailleurs)

Adapter son épargne retraite selon son âge et sa situation, c’est choisir d’être maître de sa trajectoire, plutôt que de la subir. En jouant sur le long terme, la diversification, et les nombreuses possibilités offertes par la fiscalité française, il est possible de sécuriser son avenir, préparer de nouveaux projets ou de savoureuses découvertes, au cœur d’un territoire aussi riche et accueillant que le Pays basque.

La retraite ne se prépare pas en un jour, ni dans la précipitation. Elle se construit, tranquillement, au fil des années, avec des choix judicieux et souples, capables de s’adapter à chaque étape de la vie et à chaque imprévu. Anticiper, ajuster, diversifier, sécuriser : autant de réflexes pour profiter, demain, d’une sérénité bien méritée.

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